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L'e-cigarette, substitut valable du tabac

L’e-cigarette, substitut valable du tabac


Le Pr Jean-François Etter, spécialiste du tabagisme, défend les produits du vapotage qui sont une très bonne alternative à la cigarette.


 


Je vapote, tu vapotes, il vapote. Depuis quelques années, jeunes et moins jeunes conjuguent ce nouveau verbe.


Encore marginaux en Suisse, plus nombreux en France où ils sont estimés à 15% de la population, les vapoteurs d’un nouveau type vont-ils supplanter les accros de la clope? Mais que se cache derrière la cigarette électronique, également appelée e-cigarette?


Réponses avec le Pr Jean-François Etter, spécialiste du tabagisme à l’Institut de santé globale de l’Université de Genève et professeur associé de santé publique à la Faculté de médecine.


Pourquoi l’e-cigarette est-elle moins nocive que la cigarette?


Parce qu’elle ne fournit pas de substances issues de la combustion. Cette dernière est une véritable usine chimique produisant des dizaines de substances toxiques (monoxyde de carbone) ou cancérigènes (goudrons, hydrocarbures polycycliques, etc.) qui sont un problème de santé publique.


Est-elle tout de même dangereuse?


Dans l’e-cigarette, on a de la nicotine à des doses équivalentes à celles délivrées dans un patch ou un chewing-gum. A ces doses, la nicotine n’est donc pas nocive. On a de la glycérine végé- tale et du propylène-glycol qui sont des additifs très fréquents dans des médicaments (y compris destinés à être inhalés), des aliments, des cosmétiques: le problème ne vient sans doute pas de là non plus. On trouve ensuite des arômes fabriqués pour être ingérés et pas inhalés et là il y a un point d’interrogation sur l’impact de leur inhalation à long terme.


Une étude américaine affirme pourtant que le formaldéhyde contenu dans l’e-cigarette la rend cinq à quinze fois plus cancérigène?


Il peut y avoir, en cas de surchauffe, la production de substances toxiques comme cela a été largement rapporté dans la presse, mais les conditions de laboratoire qui ont permis la production de ces substances toxiques ne sont pas conformes à l’usage des consommateurs. Quand l’atomiseur surchauffe, les gens cessent d’inhaler, car cela donne un goût acre. C’est comme si vous carbonisez une entrecôte et vous l’envoyez ensuite au laboratoire où l’on trouve des substances cancérigènes dans la partie carbonisée, mais personne ne mangera jamais ce steak!


Sa consommation régulière peut-elle induire une dépendance?


Dans le domaine des addictions, la dépendance dépend de la substance elle-même – ici la nicotine – et de la vitesse à laquelle elle passe dans le sang de manière à stimuler le système de récompense dans le cerveau. La nicotine passe beaucoup plus vite dans le sang quand on l’inhale à partir de la fumée de tabac qu’avec la cigarette électronique et un peu plus vite avec cette dernière qu’avec les chewinggums ou les patchs de nicotine.


Est-elle un outil efficace pour le sevrage?


La très sérieuse Revue Cochrane a réalisé une première synthèse de la littérature scientifique sur le sujet et a conclu positivement: les e-cigarettes de première gé- nération sont aussi efficaces que le patch de nicotine. Une récente étude belge utilisant des e-cigarettes de deuxième génération montre une efficacité encore plus grande. Dans une étude longitudinale que nous avons réalisée auprès de vapoteurs, 40% des usagers doubles (fumeurs et vapoteurs) avaient arrêté de fumer après une année. Il faut offrir aux fumeurs une alternative à la cigarette. La loi actuelle interdit la nicotine dans tous les produits (ndlr.: la vente d’e-liquides à la nicotine n’est pas autorisée en Suisse), à l’exception du plus dangereux – la cigarette – et de produits efficaces, mais pas très attractifs et que peu de fumeurs utilisent: les patchs et les chewing-gums!


Giuseppe Costa


mai-juin 2015 Le Pr Jean-François Etter, spécialiste du tabagisme, défend les produits du vapotage qui sont une très bonne alternative à la cigarette. Pr Jean-François Etter: « La dose de nicotine délivrée par une cigarette électronique n’est pas nocive. »


Bio Ì 1958: naissance à Yverdon 1980: diplôme de technicien en radiologie médicale 1992: licence en sciences politiques 1996: doctorat en sciences politiques 2009: première étude sur la cigarette électronique 2012: professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Genève


 

Rédigé le  10 juin 2015 10:02  -  Lien permanent

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